{"id":1546204,"date":"2026-04-22T17:05:40","date_gmt":"2026-04-22T15:05:40","guid":{"rendered":"https:\/\/laboklin.com\/expert-panel-on-feline-hyperthyroidism\/"},"modified":"2026-08-20T16:12:00","modified_gmt":"2026-08-20T14:12:00","slug":"la-table-ronde-dexperts-au-sujet-de-lhyperthyroidie-feline","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/laboklin.com\/fr\/la-table-ronde-dexperts-au-sujet-de-lhyperthyroidie-feline\/","title":{"rendered":"La table ronde d\u2019experts au sujet de l&rsquo;hyperthyro\u00efdie f\u00e9line"},"content":{"rendered":"<div class=\"wpb-content-wrapper\" id=\"wpb-content-root\"><p>[vc_row][vc_column css=\u00a0\u00bb.vc_custom_1756890211651{margin-top: 30px !important;margin-bottom: 20px !important;}\u00a0\u00bb][vc_column_text]Le groupe d&rsquo;experts Laboklin se penche sur un grand nombre de questions pertinentes pour la pratique. Sur le th\u00e8me de l&rsquo;hyperthyro\u00efdie f\u00e9line, quatre endocrinologues et une chirurgienne se sont r\u00e9unis pour partager leurs connaissances avec nous.<\/p>\n<p>Le comit\u00e9 d&rsquo;experts \u00e9tait compos\u00e9 des personnes suivantes : <strong>Prof. Dr Felicitas Boretti<\/strong>, Dipl. ACVIM et ECVIM-CA, responsable du service d&rsquo;endocrinologie, Clinique de m\u00e9decine des petits animaux, Facult\u00e9 Vetsuisse, Universit\u00e9 de Zurich ; <strong>Dr Katarina Hazuchova<\/strong>, PhD, Dipl. ECVIM-CA, m\u00e9decin-chef en m\u00e9decine interne, Clinique des petits animaux, Giessen; <strong>Prof. Dr Mirja Nolff<\/strong>, Dipl. ECVS, responsable du service de chirurgie des tissus mous et des tumeurs, Clinique de chirurgie des petits animaux, Facult\u00e9 Vetsuisse, Universit\u00e9 de Zurich ; <strong>PD Dr Astrid Wehner<\/strong>, Dipl. ECVIM-CA, m\u00e9decin-chef en m\u00e9decine interne sp\u00e9cialis\u00e9e en endocrinologie, LMU Munich; <strong>PD Dr Florian Zeugswetter<\/strong>, chef du service d&rsquo;endocrinologie, Clinique universitaire pour les petits animaux de Vienne.<\/p>\n<p>Avant d&rsquo;aborder le diagnostic et le traitement, nous allons bri\u00e8vement examiner <strong>l&rsquo;origine de l&rsquo;hyperthyro\u00efdie f\u00e9line<\/strong> : PD Dr Zeugswetter explique que la thyro\u00efde normale du chat contient une sous-population de thyrocytes dot\u00e9s d&rsquo;un fort potentiel de croissance. Lorsque ceux-ci sont stimul\u00e9s par certains facteurs externes, il en r\u00e9sulte une hyperplasie. Les cellules hyperplasiques commencent \u00e0 se multiplier de mani\u00e8re autonome et l&rsquo;hyperplasie ad\u00e9nomateuse \u00e9volue vers des ad\u00e9nomes et, dans de rares cas, vers des ad\u00e9nocarcinomes. Les facteurs d\u00e9clenchants concrets de l&rsquo;hyperplasie ad\u00e9nomateuse ne sont pas connus. La forte augmentation de la pr\u00e9valence de cette affection depuis sa premi\u00e8re description en 1977 sugg\u00e8re l&rsquo;existence de facteurs externes. De nombreuses \u00e9tudes ont mis en \u00e9vidence des facteurs associ\u00e9s, tels que la vie purement domestique, les aliments en conserve, les r\u00e9gimes alimentaires riches en poisson, les fortes variations de la teneur en iode dans l&rsquo;alimentation, la liti\u00e8re pour chat ainsi que les flavono\u00efdes (par exemple dans le soja). Les polyph\u00e9nols (BPA) et les diph\u00e9nyl\u00e9thers polybrom\u00e9s (PBDE) pr\u00e9sents dans l&rsquo;alimentation, l&rsquo;eau potable ou l&rsquo;environnement jouent probablement \u00e9galement un r\u00f4le.<\/p>\n<p>PD Dr Zeugswetter r\u00e9sume ensuite les <strong>sympt\u00f4mes cliniques<\/strong> principaux de l&rsquo;hyperthyro\u00efdie f\u00e9line. Il cite comme sympt\u00f4mes principaux la perte de poids malgr\u00e9 un bon app\u00e9tit, la polyurie\/polydipsie, un pelage hirsute, ainsi qu&rsquo;une grande agitation et une vocalisation accrue. Des troubles gastro-intestinaux tels que des vomissements et de la diarrh\u00e9e apparaissent souvent ; parfois, la diarrh\u00e9e est m\u00eame le seul sympt\u00f4me. Cela soul\u00e8ve imm\u00e9diatement la question suivante : quels sont les signes moins classiques qu&rsquo;il ne faut pas n\u00e9gliger ? Dr Katarina Hazuchova souligne que les chats atteints d&rsquo;hyperthyro\u00efdie peuvent pr\u00e9senter une forte faiblesse accompagn\u00e9e d&rsquo;une ventroflexion cervicale. En cas de polypn\u00e9e, l&rsquo;hyperthyro\u00efdie doit \u00e9galement \u00eatre envisag\u00e9e dans le cadre du diagnostic diff\u00e9rentiel. Elle peut en effet \u00eatre le signe d&rsquo;un besoin accru en oxyg\u00e8ne. De m\u00eame, en cas d&rsquo;apparition r\u00e9cente de souffles cardiaques ou d&rsquo;autres signes de maladie cardiaque, il convient toujours de v\u00e9rifier la fonction thyro\u00efdienne. Cela vaut \u00e9galement pour les chats pr\u00e9sentant des crises \u00e9pileptiformes ou une c\u00e9cit\u00e9 soudaine.<\/p>\n<p>\u00c0 propos du c\u0153ur : PD Dr Astrid Wehner souligne que les alt\u00e9rations cardiaques induites par l&rsquo;hyperthyro\u00efdie ne n\u00e9cessitent souvent pas de traitement initial et peuvent revenir \u00e0 la normale apr\u00e8s un traitement efficace de l&rsquo;hyperthyro\u00efdie. Des biomarqueurs cardiaques tels que le (NT-)proBNP ou la troponine I peuvent \u00eatre utiles pour l&rsquo;\u00e9valuation. Si ces valeurs ne baissent pas par la suite malgr\u00e9 un bon contr\u00f4le de l&rsquo;hyperthyro\u00efdie, le chat doit subir un examen cardiologique afin de mieux qualifier la maladie cardiaque et, le cas \u00e9ch\u00e9ant, de la traiter.<\/p>\n<p>Prof. Felicitas Boretti <strong>\u00e9voque les modifications diagnostiques en laboratoire <\/strong>qui peuvent indiquer la pr\u00e9sence d\u2019une hyperthyro\u00efdie. Elle explique que chez les chats pr\u00e9sentant des taux h\u00e9patiques \u00e9lev\u00e9s associ\u00e9s \u00e0 des sympt\u00f4mes cliniques correspondants, l\u2019hyperthyro\u00efdie doit figurer parmi les diagnostics diff\u00e9rentiels. Tant l&rsquo;AP (phosphatase alcaline) que l&rsquo;ALT peuvent \u00eatre \u00e9lev\u00e9es ; dans la pratique, l&rsquo;ALT est certes plus souvent \u00e9lev\u00e9e, mais reste non sp\u00e9cifique, tandis qu&rsquo;une \u00e9l\u00e9vation de l&rsquo;AP est plus typique dans le contexte d&rsquo;une hyperthyro\u00efdie. Des taux \u00e9lev\u00e9s de phosphatase alcaline et de phosphate, parall\u00e8lement \u00e0 des taux r\u00e9naux normaux, peuvent s&rsquo;expliquer par une activit\u00e9 accrue des isoenzymes sp\u00e9cifiques aux os, qui refl\u00e8te un remodelage osseux accru, et devraient, en pr\u00e9sence de signes cliniques appropri\u00e9s, donner lieu \u00e0 un bilan thyro\u00efdien cibl\u00e9.<\/p>\n<p>Dans la plupart des cas, <strong>le diagnostic<\/strong> repose sur une concentration \u00e9lev\u00e9e de T4 dans le sang. PD Dr Florian Zeugswetter r\u00e9pond \u00e0 la question de savoir dans quelle mesure l&rsquo;\u00e2ge du chat influence l&rsquo;intervalle de r\u00e9f\u00e9rence. Chez les chiots, la concentration en T4 est physiologiquement tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9e et diminue lentement avec l&rsquo;\u00e2ge. Pour les chats \u00e2g\u00e9s d&rsquo;environ 1 \u00e0 9 ans, les gammes de r\u00e9f\u00e9rence courantes conviennent g\u00e9n\u00e9ralement bien. Chez les chats \u00e2g\u00e9s, en revanche, les limites de r\u00e9f\u00e9rence pourraient devoir \u00eatre fix\u00e9es \u00e0 un niveau plus bas. Certains laboratoires en ont tenu compte en fixant une limite sup\u00e9rieure plus basse, car l&rsquo;hyperthyro\u00efdie est une affection qui touche plut\u00f4t les chats \u00e2g\u00e9s. Lors de l&rsquo;interpr\u00e9tation des r\u00e9sultats de la T4, il convient de prendre en consid\u00e9ration l&rsquo;\u00e2ge du chat et la limite sup\u00e9rieure de r\u00e9f\u00e9rence du laboratoire correspondant.<\/p>\n<p>La question se pose : \u00e0 quelle fr\u00e9quence les chats pr\u00e9sentent-ils un taux de T4 dans la fourchette de r\u00e9f\u00e9rence malgr\u00e9 une hyperthyro\u00efdie ? La professeur Felicitas Boretti souligne que cela peut arriver, en particulier au stade pr\u00e9coce de la maladie. Lorsque le taux de T4 n\u2019est que l\u00e9g\u00e8rement \u00e9lev\u00e9, il peut temporairement retomber dans la fourchette de r\u00e9f\u00e9rence en raison de fluctuations naturelles, mais g\u00e9n\u00e9ralement dans la partie sup\u00e9rieure de celle-ci. Des maladies non thyro\u00efdiennes peuvent \u00e9galement faire baisser le taux de T4 au point qu&rsquo;il se situe temporairement dans la gamme de r\u00e9f\u00e9rence.<\/p>\n<p>En cas de <strong>r\u00e9sultats peu clairs<\/strong>, PD Dr Florian Zeugswetter recommande de refaire un dosage de la T4 apr\u00e8s 2 \u00e0 4 semaines. S&rsquo;il existe une forte suspicion clinique d&rsquo;hyperthyro\u00efdie et que la T4 se situe dans la partie sup\u00e9rieure de la gamme de r\u00e9f\u00e9rence, le dosage de la T4 libre, de la TSH endog\u00e8ne et de la T3 inverse peut s&rsquo;av\u00e9rer utile. Il convient toutefois de tenir compte des limites des diff\u00e9rents param\u00e8tres : la fT4 peut augmenter en cas de maladie non thyro\u00efdienne (MNT) et une \u00e9l\u00e9vation n&rsquo;est gu\u00e8re sp\u00e9cifique ; un taux de TSH dans la gamme de r\u00e9f\u00e9rence ou au-dessus exclut tr\u00e8s probablement une hyperthyro\u00efdie, mais un taux de TSH ind\u00e9tectable est \u00e9galement fr\u00e9quent chez les chats en bonne sant\u00e9 ; la T3 inverse, un m\u00e9tabolite inactif de la T4, augmente de mani\u00e8re fiable en cas d&rsquo;hyperthyro\u00efdie, mais des tests suppl\u00e9mentaires sont encore n\u00e9cessaires. Si ces param\u00e8tres compl\u00e9mentaires ne permettent pas non plus de clarifier la situation, l&rsquo;\u00e9tape suivante consiste \u00e0 r\u00e9aliser un test de suppression de la T3 ou, mieux encore, une scintigraphie thyro\u00efdienne.<\/p>\n<p>Il convient de se demander \u00e0 partir de quand on peut suspecter <strong>un carcinome thyro\u00efdien<\/strong> (plut\u00f4t qu&rsquo;une hyperplasie ad\u00e9nomateuse b\u00e9nigne ou un ad\u00e9nome). PD Dr Astrid Wehner cite comme facteurs indicateurs les masses solides \u00e0 croissance rapide (\u00e0 condition qu&rsquo;elles ne soient pas kystiques) ainsi que les chats chez lesquels l&rsquo;ajustement du traitement est tr\u00e8s difficile et qui n\u00e9cessitent des doses inhabituellement \u00e9lev\u00e9es de thyr\u00e9ostatiques. Dr Katarina Hazuchova ajoute que ce sont souvent des patients qui souffrent d&rsquo;hyperthyro\u00efdie depuis longtemps. PD Dr Florian Zeugswetter d\u00e9crit \u00e9galement la palpation comme un indice : les nodules b\u00e9nins sont plut\u00f4t mous et mobiles, tandis que les l\u00e9sions dures, peu mobiles et de grande taille indiquent plut\u00f4t un carcinome. La scintigraphie est malheureusement moins fiable qu&rsquo;on pourrait le penser pour \u00e9tablir un diagnostic d\u00e9finitif.<\/p>\n<p>En ce qui concerne <strong>les options th\u00e9rapeutiques<\/strong>, on demande <strong>le pronostic<\/strong>. PD Dr Astrid Wehner peut donner ici de bonnes nouvelles. Dans l&rsquo;ensemble, le pronostic est favorable, m\u00eame si cela d\u00e9pend \u00e9galement de l&rsquo;\u00e2ge du chat et, bien s\u00fbr, d&rsquo;\u00e9ventuelles comorbidit\u00e9s. Les options th\u00e9rapeutiques curatives telles que la radioiodoth\u00e9rapie sont associ\u00e9es \u00e0 une esp\u00e9rance de vie significativement plus longue, \u00e0 des taux de r\u00e9cidive plus faibles et \u00e0 moins d&rsquo;effets secondaires li\u00e9s au traitement. Apr\u00e8s une radioiodoth\u00e9rapie, la dur\u00e9e de survie m\u00e9diane est d&rsquo;environ 3,7 \u00e0 4,0 ans. En comparaison, le pronostic est moins favorable en cas de traitement m\u00e9dicamenteux par des thyr\u00e9ostatiques. Dans une \u00e9tude portant sur 47 chats trait\u00e9s de mani\u00e8re continue par du thiamazol\/m\u00e9thimazol, la dur\u00e9e m\u00e9diane de survie \u00e9tait de 2,0 ans. Cela s&rsquo;explique par plusieurs facteurs. Il est possible qu&rsquo;apr\u00e8s un certain temps, le propri\u00e9taire ne puisse plus administrer de m\u00e9dicaments \u00e0 son chat de mani\u00e8re permanente ou que l&rsquo;hyperthyro\u00efdie ne puisse plus \u00eatre trait\u00e9e par des m\u00e9dicaments. Un traitement prolong\u00e9 par des thyr\u00e9ostatiques peut entra\u00eener l&rsquo;apparition d&rsquo;une r\u00e9sistance \u00e0 ces derniers. Il est \u00e9galement possible que des l\u00e9sions ad\u00e9nomateuses \u00e9voluent au fil du temps vers un carcinome.<\/p>\n<p>Prof. Mirja Nolff cite comme indications principales de la <strong>thyro\u00efdectomie<\/strong> les chats difficiles \u00e0 traiter, chez lesquels l&rsquo;administration de m\u00e9dicaments ne fonctionne pas, qui pr\u00e9sentent des effets secondaires li\u00e9s aux thyr\u00e9ostatiques, qui ont d\u00e9velopp\u00e9 de gros nodules ou chez lesquels on soup\u00e7onne un carcinome. La situation devient critique lorsqu&rsquo;il faut op\u00e9rer des deux c\u00f4t\u00e9s et que les glandes parathyro\u00efdes ne peuvent pas \u00eatre pr\u00e9serv\u00e9es : la r\u00e9implantation n&rsquo;\u00e9tant pas fiable, il faut se pr\u00e9parer \u00e0 faire face \u00e0 un hypoparathyro\u00efdisme postop\u00e9ratoire. Apr\u00e8s l&rsquo;op\u00e9ration, le taux de calcium ionis\u00e9 doit \u00eatre surveill\u00e9 de mani\u00e8re tr\u00e8s \u00e9troite. La paralysie du larynx constitue une autre complication potentielle grave. Elle est toutefois tr\u00e8s rare. La professeur Mirja Nolff souligne que, si l&rsquo;on compare l&rsquo;iodoth\u00e9rapie radioactive \u00e0 l&rsquo;ablation unilat\u00e9rale en termes d&rsquo;obtention de l&rsquo;euthyro\u00efdie, l&rsquo;op\u00e9ration unilat\u00e9rale donne des r\u00e9sultats moins satisfaisants. Cela s&rsquo;explique par le fait que, bien souvent, les deux lobes thyro\u00efdiens sont touch\u00e9s. C&rsquo;est pourquoi elle recommande d&rsquo;attirer l&rsquo;attention des propri\u00e9taires de chats sur le fait qu&rsquo;une op\u00e9ration unilat\u00e9rale peut ne pas permettre de faire dispara\u00eetre compl\u00e8tement les sympt\u00f4mes. Dans de tels cas, il peut \u00eatre n\u00e9cessaire de proc\u00e9der \u00e0 l&rsquo;ablation de la deuxi\u00e8me glande thyro\u00efde si un traitement \u00e0 l&rsquo;iode radioactif n&rsquo;est pas disponible. L&rsquo;hypothyro\u00efdie qui en r\u00e9sulte se traite g\u00e9n\u00e9ralement bien par la suite.<\/p>\n<p>PD Dr Astrid Wehner explique dans quelle mesure un <strong>traitement di\u00e9t\u00e9tique<\/strong> peut \u00eatre envisag\u00e9. Une r\u00e9duction consid\u00e9rable de l&rsquo;apport en iode peut freiner la production d&rsquo;hormones thyro\u00efdiennes au point de permettre d&rsquo;atteindre une euthyro\u00efdie. Un r\u00e9gime alimentaire sp\u00e9cifique est disponible. Le simple fait d&rsquo;exclure les aliments riches en iode (poisson, fruits de mer) ne suffit pas. Le d\u00e9lai n\u00e9cessaire pour atteindre l&rsquo;euthyro\u00efdie varie parfois consid\u00e9rablement (de 28 \u00e0 180 jours). Le changement d&rsquo;alimentation doit \u00eatre strict, complet et permanent. Malheureusement, c&rsquo;est souvent la cause d&rsquo;un \u00e9chec du traitement (\u00e0 long terme). Dans l&rsquo;ensemble, la concentration en T4 peut fluctuer et reste trop \u00e9lev\u00e9e dans certains cas.<\/p>\n<p><strong>Les thyr\u00e9ostatiques<\/strong> restent le traitement le plus utilis\u00e9. Le carbimazole sous forme de pr\u00e9paration \u00e0 lib\u00e9ration prolong\u00e9e et le thiamazole (= m\u00e9thimazole) sont autoris\u00e9s en m\u00e9decine v\u00e9t\u00e9rinaire. Selon le fabricant, le carbimazole \u00e0 lib\u00e9ration prolong\u00e9e peut \u00eatre administr\u00e9 une fois par jour, tandis que les pr\u00e9parations \u00e0 base de thiamazole sont g\u00e9n\u00e9ralement administr\u00e9es deux fois par jour. La professeur Felicitas Boretti pr\u00e9cise qu&rsquo;il est g\u00e9n\u00e9ralement possible d&rsquo;essayer une administration une fois par jour. Toutefois, lorsque les taux initiaux de T4 sont tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9s, un chat prend g\u00e9n\u00e9ralement plus rapidement son \u00e9quilibre avec une administration deux fois par jour. Si, avec une dose totale faible, la concentration en T4 est trop basse, il peut \u00eatre judicieux de passer \u00e0 une administration une fois par jour. Une autre option consiste \u00e0 utiliser un sirop homologu\u00e9 sur le march\u00e9 v\u00e9t\u00e9rinaire et dosable individuellement.<\/p>\n<p>En ce qui concerne le traitement par pommade transdermique, PD Dr Astrid Wehner et PD Dr Florian Zeugswetter se montrent plut\u00f4t r\u00e9ticents. La pommade pr\u00e9sente certains inconv\u00e9nients : le principe actif t\u00e9ratog\u00e8ne pour le f\u0153tus peut entrer plus rapidement en contact avec le propri\u00e9taire de l&rsquo;animal, l&rsquo;absorption n&rsquo;est pas toujours constante et les couches de cr\u00e8me qui restent dans l&rsquo;oreille peuvent \u00e9galement influencer ce processus. \u00c0 terme, une pommade \u00e0 base de nanoparticules pourrait \u00eatre commercialis\u00e9e en Allemagne ; des \u00e9tudes sont d\u00e9j\u00e0 en cours \u00e0 ce sujet.<\/p>\n<p>PD Dr Astrid Wehner se penche sur le th\u00e8me de <strong>l&rsquo;hyperthyro\u00efdie et des reins<\/strong>. Chez les chats hyperthyro\u00efdiens, on observe une augmentation du volume sanguin circulant et, par cons\u00e9quent, une augmentation du flux sanguin r\u00e9nal.Il en r\u00e9sulte une hypertension glom\u00e9rulaire, \u00e9ventuellement accompagn\u00e9e d&rsquo;une hypertension syst\u00e9mique, qui peut endommager les reins et\/ou contribuer \u00e0 la progression d&rsquo;une maladie r\u00e9nale pr\u00e9existante, car cela peut notamment entra\u00eener une prot\u00e9inurie. Parall\u00e8lement, le d\u00e9bit de filtration glom\u00e9rulaire augmente en raison de la pression accrue dans le glom\u00e9rule, ce qui entra\u00eene une diminution des concentrations sanguines des marqueurs de filtration r\u00e9nale (tels que la cr\u00e9atinine et le SDMA). Il est possible qu&rsquo;une affection r\u00e9nale ne se manifeste qu&rsquo;apr\u00e8s la normalisation de la fonction thyro\u00efdienne. Les experts s&rsquo;accordent \u00e0 dire que chez les chats d\u00e9j\u00e0 azot\u00e9miques au moment du diagnostic, il convient de commencer par une dose r\u00e9duite de thyr\u00e9ostatique. La dose de r\u00e9f\u00e9rence est d&rsquo;environ la moiti\u00e9 de la dose habituelle, voire un peu moins selon le degr\u00e9 d&rsquo;azot\u00e9mie, afin de pouvoir \u00e9valuer la r\u00e9action des reins au traitement.<\/p>\n<p><strong>La radioiodoth\u00e9rapie (RIT)<\/strong> est consid\u00e9r\u00e9e comme le traitement de choix. Dr Katarina Hazuchova explique les points \u00e0 prendre en compte lors d&rsquo;une orientation vers ce traitement. Le co\u00fbt du traitement standard s&rsquo;\u00e9l\u00e8ve \u00e0 environ 2 000 \u20ac HT ; les chats restent g\u00e9n\u00e9ralement hospitalis\u00e9s pendant 5 \u00e0 7 jours. Un examen cardiologique doit \u00eatre effectu\u00e9 \u00e0 l&rsquo;avance ; dans certains centres, un bilan diagnostique complet, comprenant une \u00e9chographie abdominale, est \u00e9galement exig\u00e9. Les thyr\u00e9ostatiques doivent \u00eatre arr\u00eat\u00e9s 7 jours avant le traitement, et un r\u00e9gime pauvre en iode doit \u00eatre interrompu 14 jours avant. Apr\u00e8s la RIT, les chats doivent rester \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur pendant quatre semaines ; si des femmes enceintes, des femmes allaitantes ou des b\u00e9b\u00e9s\/jeunes enfants vivent dans le foyer, ceux-ci ne doivent pas entrer en contact avec le chat. Les chats susceptibles de n\u00e9cessiter des soins intensifs ou qui ne s&rsquo;alimentent pas suffisamment ne peuvent pas \u00eatre trait\u00e9s.<\/p>\n<p>En ce qui concerne les maladies r\u00e9nales concomitantes, Dr Katarina Hazuchova et PD Florian Zeugswetter sont d&rsquo;accord : si une euthyro\u00efdie a \u00e9t\u00e9 obtenue gr\u00e2ce \u00e0 des thyr\u00e9ostatiques et qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas d&rsquo;azot\u00e9mie s\u00e9v\u00e8re \u00e0 ce moment-l\u00e0 (cr\u00e9atinine au stade 2 de l&rsquo;IRIS), le chat peut \u00eatre un bon candidat pour une th\u00e9rapie \u00e0 l&rsquo;iode radioactif. Il est tr\u00e8s rare que l&rsquo;azot\u00e9mie s&rsquo;aggrave significativement apr\u00e8s une th\u00e9rapie par iode radioactif. Il convient toutefois de veiller rigoureusement \u00e0 ce qu&rsquo;aucune hypothyro\u00efdie ne se d\u00e9veloppe. En cas d&rsquo;azot\u00e9mie ou de sympt\u00f4mes cliniques d&rsquo;hypothyro\u00efdie associ\u00e9s \u00e0 de faibles concentrations de T4, un traitement substitutif \u00e0 base de l\u00e9vothyroxine doit imp\u00e9rativement \u00eatre instaur\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Le suivi :<\/strong> quand effectuer un contr\u00f4le apr\u00e8s le d\u00e9but du traitement \u2013 et quel doit \u00eatre le taux de T4 \u00e0 la fin ? La Dr Katarina Hazuchova recommande un premier contr\u00f4le apr\u00e8s 3 \u00e0 4 semaines chez les patients stables : num\u00e9ration globulaire avec param\u00e8tres r\u00e9naux, T4 et mise en relation avec les sympt\u00f4mes. Un nouveau contr\u00f4le doit \u00eatre effectu\u00e9 apr\u00e8s 3 \u00e0 4 semaines suppl\u00e9mentaires ; ensuite, chez les patients bien stabilis\u00e9s, un contr\u00f4le tous les 3 \u00e0 4 mois suffit en g\u00e9n\u00e9ral. La Prof. Dr Felicitas Boretti agit diff\u00e9remment pour les chats qui pr\u00e9sentent d\u00e9j\u00e0 une azot\u00e9mie au moment du diagnostic. Dans ce cas, elle recommande un contr\u00f4le d\u00e8s 1 \u00e0 2 semaines. En outre, elle recommande de tester la TSH afin de ne pas passer \u00e0 c\u00f4t\u00e9 d&rsquo;une hypothyro\u00efdie iatrog\u00e8ne (celle-ci ne devrait pas d\u00e9passer l&rsquo;intervalle de r\u00e9f\u00e9rence). PD Dr Florian Zeugswetter fixe une fourchette cible diff\u00e9rente pour la T4 chez les chats azot\u00e9miques. L&rsquo;objectif pour un chat non azot\u00e9mi\u00e9 est une concentration de T4 dans la partie m\u00e9diane de l&rsquo;intervalle de r\u00e9f\u00e9rence ou l\u00e9g\u00e8rement en dessous. Chez les patients azot\u00e9miques, en revanche, la T4 peut se situer plut\u00f4t dans la partie sup\u00e9rieure de r\u00e9f\u00e9rence.<\/p>\n<p>La Prof. Dr. Felicitas Boretti affirme que le moment de la journ\u00e9e auquel le pr\u00e9l\u00e8vement sanguin est effectu\u00e9 n&rsquo;a aucune incidence sur la prise des comprim\u00e9s. Les fluctuations de la concentration en T4 sous traitement thyr\u00e9ostatique sont bien connues. Elles ne suivent toutefois aucun rythme circadien et ne sont pas li\u00e9es au moment de la prise du m\u00e9dicament. En revanche, elle estime qu&rsquo;il est important que la d\u00e9termination des concentrations de T4 soit effectu\u00e9e dans un laboratoire externe garantissant la qualit\u00e9. Les appareils utilis\u00e9s en cabinet v\u00e9t\u00e9rinaire pr\u00e9sentent une fiabilit\u00e9 de mesure moindre et peuvent d\u00e9j\u00e0 donner des r\u00e9sultats erron\u00e9s dans des plages de concentrations cliniquement significatives, ce qui peut mener \u00e0 des erreurs d&rsquo;interpr\u00e9tation. Les autres experts partagent cet avis sans r\u00e9serve.<\/p>\n<p>Pour conclure, le th\u00e8me des <strong>effets secondaires<\/strong> devrait \u00eatre bri\u00e8vement mentionn\u00e9. La Dr Katarina Hazuchova fait la distinction entre les effets secondaires que l&rsquo;on peut souvent \u00ab laisser passer \u00bb et ceux qui deviennent imm\u00e9diatement graves : les effets secondaires gastro-intestinaux seraient les plus fr\u00e9quents \u2013 d\u00e9sagr\u00e9ables pour les propri\u00e9taires, mais g\u00e9n\u00e9ralement de courte dur\u00e9e. C&rsquo;est pourquoi il convient d&rsquo;en parler ouvertement d\u00e8s le d\u00e9but. On peut \u00e9galement observer de l\u00e9g\u00e8res \u00e9l\u00e9vations des enzymes h\u00e9patiques ; celles-ci sont rares et peuvent revenir \u00e0 la normale malgr\u00e9 le traitement. En revanche, les d\u00e9mangeaisons intenses et surtout les modifications de la formule sanguine, telles que l&rsquo;an\u00e9mie h\u00e9molytique, la neutrop\u00e9nie\/leucop\u00e9nie ou la thrombocytop\u00e9nie, constituent des signes graves \u2013 dans ce cas, il faut arr\u00eater les thyr\u00e9ostatiques. Selon PD Dr Astrid Wehner, ces effets ind\u00e9sirables graves surviennent g\u00e9n\u00e9ralement au cours du premier mois, et souvent au cours des trois premiers mois. Le choix du m\u00e9dicament oral n&rsquo;a aucune incidence sur la fr\u00e9quence de leur apparition. En revanche, les m\u00e9dicaments administr\u00e9s par voie cutan\u00e9e ont tendance \u00e0 entra\u00eener moins d&rsquo;effets ind\u00e9sirables gastro-intestinaux. La Prof. Dr. Felicitas Boretti conclut par une bonne nouvelle : m\u00eame les modifications de la formule sanguine sont g\u00e9n\u00e9ralement r\u00e9versibles apr\u00e8s l&rsquo;arr\u00eat des thyr\u00e9ostatiques. Les pr\u00e9parations v\u00e9t\u00e9rinaires<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\"><em>Jennifer von Luckner, Ruth Klein<\/em><\/p>\n<p>[\/vc_column_text][\/vc_column][\/vc_row][vc_row type=\u00a0\u00bbvc_default\u00a0\u00bb gap=\u00a0\u00bb10&Prime; equal_height=\u00a0\u00bbyes\u00a0\u00bb css=\u00a0\u00bb.vc_custom_1761741256523{margin-top: 30px !important;}\u00a0\u00bb][vc_column width=\u00a0\u00bb1\/6&Prime; css=\u00a0\u00bb.vc_custom_1733824634434{background-color: #E7E7E7 !important;}\u00a0\u00bb][vc_icon icon_fontawesome=\u00a0\u00bbfa fa-solid fa-file-pdf\u00a0\u00bb size=\u00a0\u00bbxl\u00a0\u00bb align=\u00a0\u00bbcenter\u00a0\u00bb custom_color=\u00a0\u00bb#e51e1e\u00a0\u00bb css=\u00a0\u00bb.vc_custom_1787234656106{margin-top: 10px !important;margin-bottom: 10px !important;padding-top: 20px !important;padding-bottom: 20px !important;}\u00a0\u00bb color=\u00a0\u00bbcustom\u00a0\u00bb link=\u00a0\u00bburl:https%3A%2F%2Flaboklin.com%2Fwp-content%2Fuploads%2F2026%2F08%2F2_LA_04_2026_FR.pdf|title:LABOKLIN%20aktuell%2004.2026|target:_blank\u00a0\u00bb][\/vc_column][vc_column width=\u00a0\u00bb5\/6&Prime; 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