{"id":1541884,"date":"2025-12-03T10:31:09","date_gmt":"2025-12-03T09:31:09","guid":{"rendered":"https:\/\/laboklin.com\/expert-panel-on-cushings-syndrome\/"},"modified":"2026-03-19T09:34:07","modified_gmt":"2026-03-19T08:34:07","slug":"la-table-ronde-dexperts-au-sujet-du-syndrome-de-cushing","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/laboklin.com\/fr\/la-table-ronde-dexperts-au-sujet-du-syndrome-de-cushing\/","title":{"rendered":"La table ronde d&rsquo;experts au sujet du syndrome de Cushing"},"content":{"rendered":"<div class=\"wpb-content-wrapper\"><p>[vc_row][vc_column][vc_column_text css=\u00a0\u00bb\u00a0\u00bb]La table ronde d&rsquo;experts Laboklin sp\u00e9cialis\u00e9 dans le domaine du syndrome de Cushing est d\u00e9sormais une institution reconnue. Trois \u00e0 quatre fois par an, il se penche sur un grand nombre de questions pratiques. Des sp\u00e9cialistes en endocrinologie, pharmacologie et chirurgie partagent leurs connaissances sur l&rsquo;\u00e9tat actuel de l&rsquo;exp\u00e9rience clinique et les d\u00e9couvertes scientifiques relatives au syndrome de Cushing.<\/p>\n<p>Les experts suivants \u00e9taient pr\u00e9sents\u00a0:<br \/>\n<strong>Prof. Dr Wolfgang B\u00e4umer<\/strong>, Dipl. ECVPT, directeur de l&rsquo;Institut de pharmacologie et de toxicologie du d\u00e9partement de m\u00e9decine v\u00e9t\u00e9rinaire de l&rsquo;universit\u00e9 FU Berlin ; <strong>Prof. Dr Nadja Sieber-Ruckstuhl<\/strong>, Dipl. ACVIM et ECVIM-CA, responsable du service d&rsquo;endocrinologie, clinique de m\u00e9decine des petits animaux, Universit\u00e9 de Zurich ; <strong>PD Dr Astrid Wehner<\/strong>, Dipl. ECVIM-CA, m\u00e9decin-chef en m\u00e9decine interne sp\u00e9cialis\u00e9e en endocrinologie, LMU Munich ; <strong>PD Dr Florian Zeugswetter<\/strong>, directeur du service d&rsquo;endocrinologie, clinique universitaire pour petits animaux de Vienne ; <strong>Dr Pieter Nelissen<\/strong>, Dipl. ECVS, sp\u00e9cialiste RCVS, directeur g\u00e9n\u00e9ral et m\u00e9decin-chef en chirurgie, Frontier Kleintierspezialisten Hergolding.<\/p>\n<p>Le Dr Zeugswetter commence par une introduction sur la <strong>nomenclature actuelle<\/strong> du syndrome de Cushing : il explique que la Soci\u00e9t\u00e9 europ\u00e9enne d&rsquo;endocrinologie v\u00e9t\u00e9rinaire (ESVE) s&rsquo;est mise d&rsquo;accord sur une standardisation des termes dans le cadre d&rsquo;un projet (\u00ab ALIVE \u00bb). Il a \u00e9t\u00e9 convenu de d\u00e9signer sous le nom de syndrome de Cushing (SC) les maladies provoqu\u00e9es par un exc\u00e8s de substances \u00e0 effet glucocortico\u00efde. On distingue les formes iatrog\u00e8nes et le syndrome de Cushing acquis naturellement. Le SC acquis naturellement peut \u00eatre subdivis\u00e9 en formes d\u00e9pendantes de l&rsquo;ACTH et formes ind\u00e9pendantes de l&rsquo;ACTH. Le SC hypophysaire classique fait partie des variantes d\u00e9pendantes de l&rsquo;ACTH. En revanche, les tumeurs corticosurr\u00e9nales qui produisent des hormones de mani\u00e8re autonome sont ind\u00e9pendantes de l&rsquo;ACTH. Il existe \u00e9galement des formes particuli\u00e8res, telles que le SC sous-diagnostiqu\u00e9 (anciennement \u00ab atypique \u00bb), qui se caract\u00e9rise par des sympt\u00f4mes cliniques typiques sans que les tests fonctionnels \u00e9tablis ne permettent d&rsquo;\u00e9tablir un diagnostic clair. Cette syst\u00e9matisation a pour but de faciliter la communication scientifique et d&rsquo;am\u00e9liorer la classification clinique.<\/p>\n<p>Le prochain th\u00e8me abord\u00e9 lors de cette table ronde est consacr\u00e9 aux<strong> sympt\u00f4mes cliniques<\/strong>. La Prof. Dr. Sieber-Ruckstuhl souligne que la majorit\u00e9 des chiens atteints de SC pr\u00e9sentent les sympt\u00f4mes classiques de polyurie et polydipsie (PU\/PD) ainsi que de polyphagie. La PU\/PD est pr\u00e9sente dans plus de 80 % des cas, tandis qu&rsquo;une augmentation de la consommation alimentaire survient dans plus de 50 % des cas. Elle souligne toutefois qu&rsquo;une certaine proportion de patients ne pr\u00e9sente pas ces sympt\u00f4mes de mani\u00e8re \u00e9vidente. Cela s&rsquo;explique notamment par le fait que les propri\u00e9taires de chiens et les v\u00e9t\u00e9rinaires sont de plus en plus attentifs aux signes pr\u00e9curseurs subtils et que les animaux concern\u00e9s sont aujourd&rsquo;hui souvent pr\u00e9sent\u00e9s \u00e0 un stade pr\u00e9coce de la maladie. L&rsquo;examen clinique g\u00e9n\u00e9ral r\u00e9v\u00e8le un abdomen volumineux mais souple, une peau fine et plut\u00f4t s\u00e8che, une redistribution des graisses (par exemple, ob\u00e9sit\u00e9 tronculaire) et une atrophie musculaire.<\/p>\n<p>Les participants souhaitent savoir ce qu&rsquo;est une <strong>calcinose cutan\u00e9e<\/strong>, comment la classer par rapport au SC et comment la traiter. PD Dr Florian Zeugswetter explique qu&rsquo;il s&rsquo;agit de d\u00e9p\u00f4ts de calcium dans la peau, qui se manifestent principalement dans la r\u00e9gion du cou et du dos, mais aussi dans la r\u00e9gion inguinale ou au niveau des extr\u00e9mit\u00e9s. Son apparition est presque exclusivement d\u00e9crite en relation avec une exposition aux glucocortico\u00efdes, ce qui fait de la calcinose cutan\u00e9e un signe quasi pathognomonique du SC. Certaines races telles que le Staffordshire Bull Terrier, le Pitbull Terrier et le Rottweiler pr\u00e9sentent une pr\u00e9disposition particuli\u00e8re. Sur le plan clinique, cette alt\u00e9ration cutan\u00e9e est souvent impressionnante et peut varier en intensit\u00e9. Le Prof. Dr B\u00e4umer explique que la meilleure option th\u00e9rapeutique consiste \u00e0 traiter syst\u00e9matiquement le syndrome de Cushing. Des shampooings k\u00e9ratolytiques ou des solutions de DMSO (non autoris\u00e9es !) sont envisag\u00e9s comme mesures de soutien, m\u00eame si les preuves \u00e0 cet \u00e9gard sont limit\u00e9es.<\/p>\n<p>Interrog\u00e9e sur la fr\u00e9quence de <strong>l&rsquo;hypertension syst\u00e9mique<\/strong> chez les chiens atteints du syndrome de Cushing, PD Dr. Astrid Wehner souligne qu&rsquo;environ 80 % des patients atteints de cette maladie en sont affect\u00e9s. \u00c0 partir d&rsquo;une pression art\u00e9rielle systolique de 160 mmHg, une surveillance \u00e9troite est indiqu\u00e9e. Les valeurs sup\u00e9rieures \u00e0 180 mmHg comportent un risque \u00e9lev\u00e9 de l\u00e9sions des organes cibles, en particulier r\u00e9nales et cardiovasculaires. La pression art\u00e9rielle doit donc \u00eatre mesur\u00e9e chez tous les patients atteints du syndrome de Cushing.<\/p>\n<p>PD Dr Astrid Wehner est \u00e9galement disponible pour une petite digression sur <strong>la prot\u00e9inurie<\/strong>. Presque un chien sur deux atteint de SC pr\u00e9sente une prot\u00e9inurie, le rapport prot\u00e9ines\/cr\u00e9atinine dans l&rsquo;urine (U-P\/C) est g\u00e9n\u00e9ralement entre 1 et 3. Mais une prot\u00e9inurie s\u00e9v\u00e8re avec un rapport U-P\/C nettement plus \u00e9lev\u00e9 est \u00e9galement possible. La cause exacte n&rsquo;est pas claire. Chez une partie des patients, une hypertension syst\u00e9mique concomitante en est certainement la cause. PD Dr Astrid Wehner souligne toutefois que les donn\u00e9es de l&rsquo;\u00e9tude montrent \u00e0 la fois une scl\u00e9rose glom\u00e9rulaire et des l\u00e9sions tubulaires. N\u00e9anmoins, malgr\u00e9 ces changements, la plupart des patients ne d\u00e9veloppent pas d&rsquo;azot\u00e9mie et la prot\u00e9inurie ne semble pas avoir d&rsquo;importance pronostique. Elle r\u00e9gresse souvent sous traitement efficace, mais pas dans tous les cas. PD Dr Wehner, Dr Zeugswetter et la Prof. Sieber-Ruckstuhl s&rsquo;accordent \u00e0 dire que la prot\u00e9inurie associ\u00e9e au syndrome de Cushing chez le chien ne doit pas \u00eatre trait\u00e9e s\u00e9par\u00e9ment.<\/p>\n<p><strong>Les chats<\/strong> peuvent \u00e9galement d\u00e9velopper le syndrome de Cushing, bien que cela soit bien plus rare que chez les chiens. Dr. Astrid Wehner r\u00e9pond \u00e0 la question concernant les diff\u00e9rences par rapport aux chiens. Elle explique que la forme f\u00e9line du SC est souvent associ\u00e9e au diab\u00e8te sucr\u00e9. Ce ph\u00e9nom\u00e8ne existe \u00e9galement chez le chien, mais pas dans la m\u00eame mesure. Jusqu&rsquo;\u00e0 80 % des chats atteints de SC sont \u00e9galement diab\u00e9tiques. Sur le plan clinique, on observe principalement une polyurie et une polydipsie associ\u00e9es \u00e0 un diab\u00e8te sucr\u00e9 souvent difficile \u00e0 traiter. Cependant, contrairement au chien, celle-ci est nettement moins prononc\u00e9e chez les chats qui ne souffrent pas de diab\u00e8te sucr\u00e9. Comme chez le chien, une augmentation de la consommation alimentaire est un signe clinique typique du SC. Les chats atteints perdent du poids. Cette perte s&rsquo;accompagne d&rsquo;une diminution significative de la masse musculaire, qui est \u00e9galement fr\u00e9quente chez le chien. Comme chez le chien, les chats pr\u00e9sentent un abdomen pendulaire caract\u00e9ristique et volumineux. La peau est fine, s\u00e8che et squameuse. C&rsquo;est \u00e9galement le cas chez le chien atteint de SC, de sorte que chez ces deux esp\u00e8ces animales, les veines abdominales peuvent \u00eatre particuli\u00e8rement visibles. Chez le chat, cependant, ce ph\u00e9nom\u00e8ne est si prononc\u00e9 qu&rsquo;il en r\u00e9sulte une grande fragilit\u00e9 de la peau. Les plaies qui cicatrisent mal sont donc fr\u00e9quentes et m\u00eame une prise en main un peu trop brusque du chat peut provoquer de grandes d\u00e9chirures cutan\u00e9es. L&rsquo;\u00e9volution de la maladie chez les chats est g\u00e9n\u00e9ralement insidieuse, ce qui rend le d\u00e9pistage pr\u00e9coce difficile.<br \/>\nLe Dr Nelissen rapporte que <strong>les tumeurs surr\u00e9nales<\/strong> sont l\u00e9g\u00e8rement moins fr\u00e9quentes chez les chats que chez les chiens, mais qu&rsquo;elles constituent n\u00e9anmoins un diagnostic diff\u00e9rentiel pertinent. Les tumeurs du cortex surr\u00e9nal chez les chats peuvent produire de l&rsquo;aldost\u00e9rone ou des hormones sexuelles en plus ou \u00e0 la place du cortisol. Les sympt\u00f4mes peuvent \u00eatre tr\u00e8s similaires, mais le diagnostic est plus difficile \u00e0 \u00e9tablir. La professeur Sieber-Ruckstuhl explique que parfois, un changement dans le comportement sexuel, par exemple un marquage soudain chez les chats castr\u00e9s ou un comportement de chaleur chez les chattes, peut \u00eatre un indice. Lors de l&rsquo;examen g\u00e9n\u00e9ral, il convient de v\u00e9rifier chez les chats suspects s&rsquo;ils pr\u00e9sentent des pointes p\u00e9niennes, qui n&rsquo;apparaissent normalement que chez les animaux non castr\u00e9s.<\/p>\n<p>Ensuite, <strong>le syndrome de Cushing iatrog\u00e8ne<\/strong> est bri\u00e8vement th\u00e9matis\u00e9. Il survient relativement souvent chez le chien, plus rarement chez le chat. La question est de savoir \u00e0 partir de quelle dose et avec quel type de glucocortico\u00efdes administr\u00e9s il faut s&rsquo;y attendre. La Prof. Dr Sieber-Ruckstuhl souligne qu&rsquo;il n&rsquo;est pas possible d&rsquo;y r\u00e9pondre de mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale. Le SC iatrog\u00e8ne peut \u00eatre d\u00e9clench\u00e9 par des doses tr\u00e8s faibles de glucocortico\u00efdes, en particulier lorsqu&rsquo;ils sont administr\u00e9s \u00e0 long terme. Il existe une sensibilit\u00e9 individuelle tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9e, les chiens de grande taille r\u00e9agissant souvent de mani\u00e8re particuli\u00e8rement sensible. Le test de choix dans les cas o\u00f9 il faut distinguer un SC iatrog\u00e8ne d&rsquo;un SC naturel est le test de stimulation \u00e0 l&rsquo;ACTH. En cas de SC iatrog\u00e8ne, il fournit un r\u00e9sultat auquel on pourrait s&rsquo;attendre en cas d&rsquo;hypoadrenocorticisme (aucune stimulation ou stimulation dans la zone grise).<\/p>\n<p><strong>Le diagnostic<\/strong> du SC est un autre th\u00e8me central. Il s&rsquo;agit tout d&rsquo;abord de la probl\u00e9matique du pr\u00e9traitement aux glucocortico\u00efdes. La Prof. Dr. Sieber-Ruckstuhl indique qu&rsquo;il n&rsquo;existe aucune donn\u00e9e valide dans la litt\u00e9rature concernant l&rsquo;intervalle optimal entre un traitement aux glucocortico\u00efdes et un test fonctionnel. Celui-ci d\u00e9pend du m\u00e9dicament, du dosage, de la dur\u00e9e du traitement et de la sensibilit\u00e9 individuelle. Chez certains patients, une r\u00e9action normale est observ\u00e9e apr\u00e8s seulement une semaine, tandis que chez d&rsquo;autres, cela peut prendre plusieurs mois avant que l&rsquo;effet disparaisse compl\u00e8tement. La dur\u00e9e g\u00e9n\u00e9ralement indiqu\u00e9e est de 6 \u00e0 8 semaines. Le professeur B\u00e4umer ajoute que de nombreux m\u00e9dicaments peuvent influencer les taux de cortisol : ainsi, le butorphanol augmente les taux de cortisol, tandis que des substances telles que la trazodone, le lokivetmab et le bedinvetmab peuvent les r\u00e9duire, notamment en diminuant le stress et la douleur. Cela n\u00e9cessite une interpr\u00e9tation particuli\u00e8rement minutieuse des r\u00e9sultats des tests.<\/p>\n<h2>Le groupe \u00ab ALIVE \u00bb de l&rsquo;ESVE d\u00e9conseille explicitement la r\u00e9alisation d&rsquo;analyses hormonales pour le diagnostic interne.<\/h2>\n<p>Le Dr Zeugswetter est d&rsquo;accord avec les autres experts sur le fait qu&rsquo;une seule valeur basale de cortisol n&rsquo;est pas suffisante pour \u00e9tablir un diagnostic. Chez les chiens atteints de SC, la surexposition au cortisol r\u00e9sulte g\u00e9n\u00e9ralement d&rsquo;une fr\u00e9quence accrue des pics de cortisol lib\u00e9r\u00e9s. Une valeur sanguine d\u00e9termin\u00e9e de mani\u00e8re al\u00e9atoire peut se situer dans la fen\u00eatre temporelle d&rsquo;un pic de s\u00e9cr\u00e9tion ou pendant une pause. Il n&rsquo;est pas possible de faire la distinction avec un patient sans SC, ni dans la marge haute ni dans la marge basse.<\/p>\n<p><strong>Le rapport cortisol\/cr\u00e9atinine dans l&rsquo;urine<\/strong> (UCC) peut servir d&rsquo;indication initiale, mais doit toujours \u00eatre compl\u00e9t\u00e9 par des tests fonctionnels. La Prof. Dr. Sieber-Ruckstuhl recommande d&rsquo;analyser au moins trois \u00e9chantillons individuels. Les \u00e9chantillons d&rsquo;urine regroup\u00e9s peuvent fausser le r\u00e9sultat. L&rsquo;urine doit \u00eatre pr\u00e9lev\u00e9e \u00e0 domicile par le propri\u00e9taire. Apr\u00e8s une visite chez le v\u00e9t\u00e9rinaire, il faut attendre au moins deux jours avant de commencer le pr\u00e9l\u00e8vement (car le stress provoqu\u00e9 par la visite chez le v\u00e9t\u00e9rinaire peut durer aussi longtemps).<\/p>\n<p>Le PD Dr Florian Zeugswetter pr\u00e9sente aux participants le test \u00e0 <strong>la dexam\u00e9thasone \u00e0 faible dose<\/strong> (LDDST) plus en d\u00e9tail. Ce test est g\u00e9n\u00e9ralement consid\u00e9r\u00e9 comme le test de choix pour confirmer le diagnostic. Cependant, le LDDST est influenc\u00e9 par les situations dans lesquelles la s\u00e9cr\u00e9tion de cortisol est accrue (stress \u00e9motionnel ou li\u00e9 \u00e0 une maladie). Un r\u00e9sultat positif ne confirme donc un SC que dans le contexte d&rsquo;un tableau clinique appropri\u00e9 et apr\u00e8s exclusion d&rsquo;autres maladies.<br \/>\nApr\u00e8s l\u2019administration de dexam\u00e9thasone, la production physiologique de cortisol par l&rsquo;organisme est r\u00e9duite. On s&rsquo;attend \u00e0 une suppression de la concentration s\u00e9rique-cortisol en dessous d&rsquo;un seuil d\u00e9fini. Chez la plupart des patients atteints du syndrome de Cushing, cette suppression manque. La valeur sur 8 heures est principalement utilis\u00e9e pour l&rsquo;interpr\u00e9tation. Pour obtenir un r\u00e9sultat clair, une suppression r\u00e9duite doit \u00e9galement \u00eatre visible pour la valeur interm\u00e9diaire (g\u00e9n\u00e9ralement 4 heures). Classiquement, le test est interpr\u00e9t\u00e9 comme n\u00e9gatif (= absence de SC) lorsque la valeur sur 8 heures est inf\u00e9rieure au seuil, quel que soit le comportement de la valeur interm\u00e9diaire apr\u00e8s 3 \u00e0 4 heures. Un r\u00e9sultat n\u00e9gatif n&rsquo;est pas toujours d\u00e9finitif, de sorte qu&rsquo;en cas de suspicion clinique persistante, il est n\u00e9cessaire de r\u00e9p\u00e9ter le test ou d&rsquo;effectuer des tests alternatifs. Pour <strong>les chats<\/strong>, le LDDST est \u00e9galement la m\u00e9thode de choix, mais la dose de dexam\u00e9thasone doit \u00eatre ajust\u00e9e \u00e0 0,1 mg\/kg (soit dix fois plus que pour les chiens).<\/p>\n<p>Il y a encore des questions du public concernant la r\u00e9alisation du LDDST. L&rsquo;une d&rsquo;elles porte sur la concentration des pr\u00e9parations \u00e0 base de dexam\u00e9thasone. Une certaine confusion r\u00e8gne \u00e0 ce sujet, car certaines sources bibliographiques mentionnent la conversion des concentrations efficaces. Le Prof. Dr B\u00e4umer fait explicitement r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l&rsquo;indication de la concentration en dexam\u00e9thasone sur le produit. Dans les pays germanophones, celle-ci est toujours indiqu\u00e9e (\u00ab correspond \u00e0 x mg de dexam\u00e9thasone \u00bb). Les participants souhaitent \u00e9galement savoir comment proc\u00e9der \u00e0 une dilution pratique de la dexam\u00e9thasone chez les tr\u00e8s petits patients. Le Dr. Zeugswetter donne ici son aide : si l&rsquo;on ajoute 1 ml d&rsquo;une pr\u00e9paration \u00e0 2 % de dexam\u00e9thasone (2 mg\/ml) \u00e0 9 ml de NaCl \u00e0 0,9 % (bien m\u00e9langer), cela correspond \u00e0 une quantit\u00e9 de principe actif de 0,2 mg\/ml. Le dosage est ainsi beaucoup plus facile. Avec une concentration de dexam\u00e9thasone de 4 mg\/ml, ajouter 0,5 ml de dexam\u00e9thasone \u00e0 9,5 ml de NaCl \u00e0 0,9 % pour obtenir une quantit\u00e9 de principe actif de 0,2 mg\/ml.<\/p>\n<p>En ce qui concerne <strong>le traitement<\/strong>, le trilostane est au premier plan. Ce m\u00e9dicament inhibe la synth\u00e8se du cortisol par un blocage enzymatique r\u00e9versible. Le Prof. Dr B\u00e4umer souligne que malgr\u00e9 la r\u00e9versibilit\u00e9, une n\u00e9crose irr\u00e9versible du cortex surr\u00e9nal peut survenir dans de rares cas, entra\u00eenant un hypoadrenocorticisme permanent. Quant au dosage, il est pr\u00e9f\u00e9rable d&rsquo;administrer deux fois par jour de petites quantit\u00e9s plut\u00f4t qu&rsquo;une seule fois par jour une dose \u00e9lev\u00e9e. Cela r\u00e9duit le risque d&rsquo;effets secondaires, en particulier chez les chiens de grande race. PD Dr Astrid Wehner recommande la prudence chez les patients atteints d&rsquo;une maladie r\u00e9nale chronique. La r\u00e9duction du cortisol peut diminuer le taux de filtration glom\u00e9rulaire et ainsi aggraver l&rsquo;\u00e9volution de la maladie.<br \/>\nDr. Nelissen compl\u00e8te les options chirurgicales : en cas de tumeurs surr\u00e9nales, l&rsquo;adrenalectomie est le traitement de choix, car environ 50 % des cas sont des carcinomes. Le taux de complications d&rsquo;une telle op\u00e9ration a consid\u00e9rablement diminu\u00e9 ces derni\u00e8res ann\u00e9es gr\u00e2ce aux techniques chirurgicales modernes et aux progr\u00e8s r\u00e9alis\u00e9s dans le domaine de l&rsquo;anesth\u00e9sie. M\u00eame en cas de rupture vasculaire, une ablation chirurgicale reste possible. Si un patient est d\u00e9j\u00e0 trait\u00e9 au trilostane, il convient d&rsquo;arr\u00eater le traitement 24 \u00e0 48 heures avant l&rsquo;op\u00e9ration. La glande surr\u00e9nale controlat\u00e9rale restante est g\u00e9n\u00e9ralement atrophi\u00e9e et n\u00e9cessite un certain temps pour reprendre sa fonction. Apr\u00e8s l&rsquo;op\u00e9ration, il convient donc de prescrire une faible dose de cortisone, qui sera progressivement r\u00e9duite sur une p\u00e9riode de 4 \u00e0 6 semaines.<\/p>\n<p><strong>Le suivi<\/strong> a \u00e9galement fait l&rsquo;objet d&rsquo;une discussion approfondie. Le Dr Florian Zeugswetter privil\u00e9gie \u00e0 cet effet la d\u00e9termination du cortisol avant la prise du comprim\u00e9 comme option \u00e9conomique, \u00e0 condition que l&rsquo;\u00e9tat clinique du patient soit stable et qu&rsquo;il n&rsquo;y ait pas de suspicion de surdosage en trilostane. Le pr\u00e9l\u00e8vement sanguin est effectu\u00e9 peu avant la prochaine administration de trilostane recommand\u00e9e. La Prof. Dr. Sieber-Ruckstuhl recommande de r\u00e9aliser deux mesures \u00e0 une heure d&rsquo;intervalle afin de tenir compte des effets des pics al\u00e9atoires et des r\u00e9actions de stress. Une mesure du cortisol est effectu\u00e9e au moment de l&rsquo;administration du trilostane et une heure plus tard. L&rsquo;administration du trilostane n&rsquo;a lieu que le jour m\u00eame, apr\u00e8s le deuxi\u00e8me pr\u00e9l\u00e8vement sanguin. Cela permet de \u00ab compenser \u00bb les concentrations \u00e9lev\u00e9es de cortisol induites par le stress ou les concentrations accidentellement basses, ce qui peut conduire \u00e0 une meilleure \u00e9valuation du patient. PD Dr Wehner rappelle qu&rsquo;une perte d&rsquo;app\u00e9tit ou une baisse de vitalit\u00e9 peuvent \u00eatre des signes pr\u00e9curseurs d&rsquo;un surdosage en trilostane. Le test de stimulation \u00e0 l&rsquo;ACTH offre la plus grande s\u00e9curit\u00e9 en termes d&rsquo;\u00e9valuation d&rsquo;un \u00e9ventuel surdosage et doit toujours \u00eatre utilis\u00e9 lorsque le patient pr\u00e9sente des sympt\u00f4mes cliniques. Elle souligne \u00e9galement que le risque d&rsquo;hypoadrenocorticisme induit par le traitement augmente avec la dur\u00e9e du traitement. Une surveillance \u00e9troite et \u00e0 vie au moyen d&rsquo;une stimulation \u00e0 l&rsquo;ACTH ou d&rsquo;une mesure du cortisol pr\u00e9-pillule est donc indispensable.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\"><em>Dr. Jennifer von Luckner<\/em><\/p>\n<p>[\/vc_column_text][\/vc_column][\/vc_row][vc_row type=\u00a0\u00bbvc_default\u00a0\u00bb gap=\u00a0\u00bb10&Prime; equal_height=\u00a0\u00bbyes\u00a0\u00bb content_placement=\u00a0\u00bbmiddle\u00a0\u00bb css=\u00a0\u00bb.vc_custom_1733824624772{margin-top: 30px !important;}\u00a0\u00bb][vc_column width=\u00a0\u00bb1\/6&Prime; css=\u00a0\u00bb.vc_custom_1733824634434{background-color: #E7E7E7 !important;}\u00a0\u00bb][vc_icon icon_fontawesome=\u00a0\u00bbfa fa-solid fa-file-pdf\u00a0\u00bb color=\u00a0\u00bbcustom\u00a0\u00bb size=\u00a0\u00bbxl\u00a0\u00bb align=\u00a0\u00bbcenter\u00a0\u00bb css=\u00a0\u00bb.vc_custom_1773908521186{margin-top: 10px !important;margin-bottom: 10px !important;padding-top: 20px !important;padding-bottom: 20px !important;}\u00a0\u00bb custom_color=\u00a0\u00bb#e51e1e\u00a0\u00bb link=\u00a0\u00bburl:https%3A%2F%2Flaboklin.com%2Fwp-content%2Fuploads%2F2026%2F03%2FLA_11_2025_FR_la_table_ronde_syndrome_de_cushing.pdf|target:_blank\u00a0\u00bb][\/vc_column][vc_column width=\u00a0\u00bb5\/6&Prime; css=\u00a0\u00bb.vc_custom_1733824644825{background-color: #E7E7E7 !important;}\u00a0\u00bb][vc_column_text css=\u00a0\u00bb.vc_custom_1773908501466{margin-top: 10px !important;margin-bottom: 10px !important;padding-top: 20px !important;padding-bottom: 20px !important;}\u00a0\u00bb]<a href=\"https:\/\/laboklin.com\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/LA_11_2025_FR_la_table_ronde_syndrome_de_cushing.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><strong>La table ronde d&rsquo;experts au sujet du syndrome de Cushing<\/strong><\/a>[\/vc_column_text][\/vc_column][\/vc_row]<\/p>\n<\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Table ronde d&rsquo;experts sur le syndrome de Cushing : connaissances sp\u00e9cialis\u00e9es sur les sympt\u00f4mes, le diagnostic et le traitement chez le chien et le chat \u2013 expliqu\u00e9es de mani\u00e8re concise et pratique.<\/p>\n","protected":false},"author":30,"featured_media":1541852,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"none","_seopress_titles_title":"%%post_title%%","_seopress_titles_desc":"Table ronde d'experts sur le syndrome de Cushing : connaissances sp\u00e9cialis\u00e9es sur les sympt\u00f4mes, le diagnostic et le traitement chez le chien et le chat \u2013 expliqu\u00e9es de mani\u00e8re concise et pratique.","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[28],"tags":[],"table_tags":[],"class_list":["post-1541884","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-laboklin-aktuell","category-28","description-off"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/laboklin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1541884","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/laboklin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/laboklin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/laboklin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/30"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/laboklin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1541884"}],"version-history":[{"count":6,"href":"https:\/\/laboklin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1541884\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1543136,"href":"https:\/\/laboklin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1541884\/revisions\/1543136"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/laboklin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1541852"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/laboklin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1541884"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/laboklin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1541884"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/laboklin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1541884"},{"taxonomy":"table_tags","embeddable":true,"href":"https:\/\/laboklin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/table_tags?post=1541884"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}